Mardi 18 janvier 2005 2 18 /01 /Jan /2005 00:00
Nouvelle version des suggestions pour OS X, plus lisible et mise au goût du jour, soit la sortie proche de Tiger.

Avec une version en HTML pour être lisible par tous.

A récupérer sur ma homepage. =)

Par Hakim Meddeb - Publié dans : Hodoss News
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Mardi 7 décembre 2004 2 07 /12 /Déc /2004 00:00

Tout au long du deuxième film, l'ex-major Motoko Kusanagi brille par son absence. Elle est néanmoins évoquée à de nombreuses reprises, et visiblement regrettée : "c'était la meilleure", rien que ça!
Seul Batou refuse de parler d'elle, un silence étrange... Certes, Batou est peut-être le seul à être vraiment au fait de ce qui est arrivé à Motoko à la fin du premier film, et peut-être protège-t-il simplement son secret. Mais autour de lui, on s'inquiète de son état psychologique, on le surveille. Une inquiétude peut-être infondée... ou au contraire, bien fondée... C'est qu'effectivement, Batou a l'air en fin de compte bien triste, retranché derrière son image de grosse brute et de célibataire endurci, avec pour seule famille son chien cloné, qui contraste avec celle de son coéquipier, qui a une famille et n'a de cesse de s'inquiéter de retourner vivant auprès d'elle...

Or, ceux qui apprennent à connaître le personnage savent que notre cyborg aux "yeux" dénués d'expression est tout sauf un idiot suicidaire, il est même celui qui entraîne l'enquête avec audace et discernement jusqu'à son terme. En même temps, il cache bien ses secrets, et pas seulement ceux des autres. "le meilleur après elle", c'est ce qu'on dit aussi.

On le prévient qu'il semble justement prendre la même tournure d'esprit que Motoko avant sa disparition, et emprunter "la voie de celui qui marche seul...". Or, si Motoko a "disparu", elle existe toujours sous une autre forme. Dès lors, chose amusante, ils sont deux à marcher sur la voie solitaire, qui du coup n'est plus si solitaire...

Puis on a l'occasion de constater que "l'ex-major" est bien là, quoique très discrète, et qu'elle aide Batou, notamment dans la scène ou le hacker les met à l'épreuve. Au passage, on remarque que pour l'aider, elle choisit des suggestions et des indices assez personnels, comme si elle le connaissait jusque dans sa manière de penser...

Enfin, dans la splendide scène finale, l'ex-major se "charge" dans un corps robotique et combat aux côtés de Batou, bien concrètement. Une fois de plus, elle fait montre de toute sa maîtrise, doublée des capacités que lui a apporté la fusion avec le Puppet Master, on en reste muet d'admiration. Elle semble avoir tout prévu : elle aussi était sur cette histoire, depuis le début... Ils étaient bel et bien sur la même voie, l'un à côté de l'autre, peut-être même, épaule contre épaule.
Et quand, avant de "repartir", elle demande à Batou de ne pas oublier qu'elle sera toujours à ses côtés et lui assure son aide et son soutien indéfectibles, là, on peut vraiment avoir des doutes sur un lien caché qui les unirait. Alors, simple convergence d'intérêts, amitié forte ou... déclaration d'amour? La poupée, un instant plus tôt habitée par cette formidable femme, s'effondre sur le sol, inanimée... Et Batou gardera encore le secret sur ce qui s'est vraiment passé sur le bateau... "Elle était là-bas, n'est-ce pas?", lui demande son coéquipier. Pas de réponse...

L'être qu'est devenu Motoko peut-il aimer? Mais oui, pourquoi pas! Le Puppet Master a bien précisé qu'avec la fusion il voulait être "vivant", et peut-être même être vivant et être capable d'aimer sont des choses intimement liées.
Plein de petits détails amusants sont encore là pour suggérer une relation plus que simplement "fonctionnelle" :
Batou couvre de son manteau les épaules de la poupée nue, ce qui nous donne ensuite un moyen pratique de la reconnaître parmi la foule des autres, mais la galanterie presque déplacée du geste est touchante, et Motoko lui dit alors "tu n'as pas changé".
Elle parait froide, dans le ton de la voix comme dans l'attitude, mais elle s'en excuse, justement, expliquant que la mémoire limitée du robot ne lui permet pas de se charger entièrement, et que les routines de combat suffisent à la saturer.

Je ne me souviens pas de tout. On pourrait peut-être en trouver d'autres, ou peut-être qu'il n'y en a pas tant que ça. En tous cas, moi, j'y crois! ;-)
Par Hakim Meddeb - Publié dans : Ghost In The Shell
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Mardi 7 décembre 2004 2 07 /12 /Déc /2004 00:00
Le scénario de GITS Innocence débute sur une série d'homicides-suicides impliquant des gynoïdes.

Tout d'abord, cela est troublant car ces gynoïdes étaient dotés de "Lois Éthiques" solidement implantées. Au passage, on peut remarquer que ces lois sont en fait les fameuses Lois de la Robotique d'Isaac Asimov,  retranscrites dans un langage législatif et informatique. Les lois d'Asimov sont :
- Un robot ne peut nuire à un être humain ni laisser sans assistance un être humain en danger.
- Un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par les êtres humains, sauf quand de tels ordres sont incompatibles avec la première loi
- Un robot doit protéger sa propre existence tant que cette protection n'est pas incompatible avec la première ou la deuxième loi.

Il s'avère que les gynoïdes sont parvenus à contourner la première loi grâce à la troisième loi, quoique en l'inversant : Ils tuent, puis se "punissent" en mettant fin à leur existence.

Néanmoins, pourquoi tuent-ils? Il faut préciser qu'ils tuent à l'aveuglette, leur propriétaire, certes, s'il a le malheur de se trouver là, mais aussi quiconque se présente à eux, policiers compris...

Une première hypothèse est suggérée par la légiste au deux enquêteurs :
Tout d'abord, le type de gynoïde impliqué est assez sophistiqué. Déjà, dans le premier film, un protagoniste s'exclamait : "Avec tous les implants biologiques qu'on met dans ces foutus robots, pas étonnant qu'ils se comportent bizarrement!".
De plus, il s'agit ici d'un modèle spécial, encore à l'état de prototype, doté d'organes sexuels, et conséquemment, c'est peut-être le plus important, d'un "software sexuel". Le détail n'est pas fait sur la nature de ce software... Cependant, si l'on imagine qu'il est également sophistiqué, on peut se questionner sur l'ampleur et les conséquences de son influence sur le fonctionnement général de la machine, ce qui donne une étonnante ouverture sur une possibilité de crime passionnel, ou quelque chose dans ces eaux...

Finalement, cette hypothèse s'avère fausse, ou tout du moins incomplète, mais elle a constitué une bonne première piste.

C'est qu'il ne s'agit pas que de cette fonction sexuelle. En fait, l'entreprise qui produit les gynoïdes leur a intégré de surcroît des copies de "ghosts", cette partie de l'esprit humain encore incomprise, sûrement afin de les rendre le plus humain possible, ce qui est certes en rapport avec cette fonction sexuelle, mais qu'ils ont dû vouloir pousser jusqu'à être même affective. Peut-êtres ambitionnaient-ils de créer un robot capable d'aimer...
 
Cependant, la copie de ghost est illégale, notamment parce qu'elle détruit l'original, ou pour le dire plus humainement, la personne qui subit le processus de copie est progressivement "lobotomisée" et devient cérébralement morte. L'entreprise procède donc à la copie des ghosts et à la fabrication des gynoïdes sur un navire-usine qui reste dans les eaux internationales afin d'échapper au contrôle de la loi.
De plus, le fameux software des gynoïdes, lorsqu'ils "meurent", est automatiquement effacé, une disposition courante parmi tous les fabricant cependant, pour contrer l'espionnage industriel, et qui n'est pas illégale : il s'agit de leur droit à protéger leur propriété intellectuelle.
L'entreprise s'approvisionne en ghosts féminins par l'intermédiaire d'un clan de yakuzas, qui kidnappe des orphelines et les fait parvenir discrètement...

Tout cela aurait pu continuer sans incident, mais c'est là qu'intervient la dernière clé du mystère :
C'est un hacker, doué et au fait de ce trafic, qui décide d'aider les jeunes filles, pas tant par esprit de justice ou d'empathie, mais parce qu'il a un principe personnel.
En effet, c'est un grand amateur de poupées, et par extension, d'automates et de robots humanoïdes. Il considère leur forme idéalisée, et plus encore, leur "vide intérieur", comme une perfection. C'est donc parce qu'il désapprouve l'idée que l'on dote les poupées d'une "âme" qu'il tente de mettre fin aux agissements de l'entreprise. Il n'a d'ailleurs pas choisi, pour ce faire, un moyen des plus moraux : c'est bien lui qui a piraté les gynoïdes, pour qu'ils puissent court-circuiter leur système d'éthique et commettre des meurtres. Il leur a également permis de charger des programmes de combat pour ce faire, et semé des indices, comme ce seul extrait vocal préservé dans la mémoire d'un gynoïde : un voix d'enfant disant "aidez-moi!".
L'acte de tuer visait simplement à attirer l'attention publique et à mettre l'entreprise en faute sur un territoire national, tout cela au point que les autorités soient contraintes d'intervenir.

Voilà donc le mystère des gynoïdes assassins et suicidaires éclairci :
Des petites filles qui ne voulaient pas devenir des poupées et un hacker qui ne voulait pas que les poupées deviennent des femmes... Une étrange dialectique poétique et psychologique qui prend pour scène un monde froid, complexe et amoral, où la "révolution des robots" est un mirage, et où la vraie problématique est : qu'est-ce qu'un être vivant et qu'est-ce qu'une machine? Qui suis-je, de quoi suis-je la création et que crée-je?

Un bon policier, de l'excellente science-fiction (de la "vraie" science-fiction serais-je tenté de dire) et une mine d'or éthique et philosophique. Je ne vous raconte tout de même pas la fin, en tous cas, pas pour l'instant, alors dépêchez-vous d'aller voir le film!



Par Hakim Meddeb - Publié dans : Ghost In The Shell
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Mardi 7 décembre 2004 2 07 /12 /Déc /2004 00:00
Dans le monde de Ghost In The Shell, la "bionisation" a atteint un haut niveau.
Non seulement est-il désormais possible d'avoir un corps entièrement artificiel, mais le cerveau lui-même, et donc l'esprit, est artificialisé à bien des égards.

Ainsi, il dispose d'une connexion directe sur le net, par câble (une petite prise sur la nuque) comme par onde. Cela rend possible de manière logique des choses qui s'avèrent néanmoins troublantes ou fantasmatiques : On peut se "parler" à distance, sans remuer les lèvres, voilà que l'on est télépathe... On peut accéder à des mondes virtuels on ne peut plus réalistes, par tous ses sens, et se poser la question : alors, la réalité, c'est quoi? On peut même "être piraté", ou "pirater quelqu'un"...

Tout cela est bien sûr en synergie avec une perception de la réalité elle-même informatisée : une vision et une audition "améliorées", etc... Vous focalisez votre regard sur un inconnu? S'affichent alors, en surimpression, toutes les informations qui ont pu être collectées sur cette personne...


Le cerveau dispose de surcroît d'une mémoire "externe" :

Imaginez un enregistrement permanent et détaillé de vos données sensuelles (voir plus), tout cela pouvant être revisualisé, traité et analysé à loisir...

Plus encore, il est même possible d'accéder à une mémoire de "ce que l'on n'a pas vécu" : celle d'un autre en particulier, mais aussi, de manière plus générale, des données culturelles, sémantiques, conceptuelles voir même émotionnelles...
Imaginez-vous pouvoir citer philosophes et caetera, sans avoir rien appris à proprement parler. Comment ça marche? Vous avez accès à une banque de données. Ce service peut vous fournir les citations en fonction de requêtes précises, mais aussi, pourquoi pas, en fonction du contexte conceptuel que vous avez à l'esprit, voir même, simplement, en fonction de votre humeur apparente.
Et cela pourrait se faire de manière on ne peut plus naturelle. Ainsi, dans "Ghost In The Shell : Innocence", les deux coéquipiers n'ont de cesse d'émettre nombre de citations on ne peut plus profondes et pertinentes. Il est assez inattendu de voir un ancien agent de police et un "homme d'action cybernétique" se révéler ainsi de véritables puits de culture. Jusqu'au moment où alors que l'ancien agent de police cite des textes religieux, son coéquipier suggère de manière ironique que sa mémoire externe doit déconner... Dès lors, à partir de cette simple remarque, on peut réaliser qu'une partie, voir la totalité de cette "culture" dont ils faisaient montre est de provenance "externe". Peut-on néanmoins dire qu'elle ne leur appartient pas?

Sans compter qu'il (l'esprit) peut effectuer les actions virtuelles (logicielles, sur lui-même ou sur le net) de manière "directe", soit spontanée et rapide, sans passer par une interface telle qu'on l'entendrait aujourd'hui...

Bien sûr, tout cela est aussi possible "dans l'autre sens", soit, des "esprits" artificiels, dotés de corps ou non, disposent désormais de tous ces modes de fonctionnement élaborés sur le modèle du cerveau biologique...

Il est intéressant de faire une remarque supplémentaire :
Dans Ghost In The Shell, les "cyborgs" dotés d'un corps majoritairement artificiel sont en fait rares. L'entretien est cher, et la chose est somme toute inutile, à moins d'avoir des tâches criminelles, policières ou militaires à accomplir. Par contre, il semble que tout le monde aie un système nerveux nettement "informatisé". On voit bien, donc, comment la bionisation du corps, à part quelques applications spectaculaires, est en fin de compte un fait subsidiaire, les attentions et les demandes de la majorité se focalisant sur la bionisation de l'esprit.
Ainsi, le coéquipier ancien policier de notre "cyborg d'action" passe, lui, pour un original, voir un romantique, car il conserve son corps biologique. Effectivement, dans le cadre de leur métier (ils travaillent dans une section d'intervention assez "musclée"), cela peut paraître inapproprié. Néanmoins, cela ne l'empêche pas de travailler pour la section, ce qui signifie bien qu'elle n'exige pas absolument la "bionisation maximale", même si elle la propose tous frais compris.
Enfin! Notre "romantique biologique" n'en dispose pas moins d'une connexion à la nuque et par onde, d'une mémoire externe, etc... Pas si naturel, en fin de compte...

Dès lors, que reste-t-il que le cerveau naturel accomplisse, et que son alter-ego artificiel ne puisse accomplir?

Le point de vue intéressant dans Ghost In The Shell est que l'on n'en sait rien. Le fameux "ghost" , le fantôme, est tout simplement cette dernière part de l'esprit que l'on ne parvient pas encore à imiter artificiellement. Pourquoi? Parce qu'on ne le connaît pas encore, parce qu'on ne le comprend pas.
On ne peut pas le définir par ce qu'il est, mais seulement par tout ce qu'il n'est pas. Ce "ghost", cette "âme", voudrait-on qu'elle soit, porte donc bien son nom : c'est une zone d'ombre, un vide intellectuel. Et donc, si tout au long de l'oeuvre il est évoqué mais jamais précisé, c'est qu'il s'agit bien d'un mystère que l'on veut nous laisser ressentir.

C'est bien de ce mystère qu'il s'agit dans le premier film, "Ghost In The Shell : Stand Alone Complex" : un programme à haut niveau de complexité se prétend un forme de vie et demande par conséquent le statut de réfugié politique. Devant cette exigence, personne ne sait trop que répondre. Néanmoins, il propose ensuite au Major Motoko Kusanagi de fusionner avec elle, les termes du marché étant qu'elle bénéficierait de son immense pouvoir informatique, et lui, de son "ghost", qu'il semble apprécier et convoiter.
Dès lors, sa prétention au statut de forme de vie était-elle une ruse, ou en était-il déjà bien une? Désirait-il le "ghost" du Major comme un atout supplémentaire, ou comme un atout essentiel? Une fois qu'ils ont fusionné, ce qui arrive effectivement, l'entité qui en résulte est-elle ou pas une nouvelle forme de vie?

Dans "Ghost In The Shell : Innocence", le thème du "ghost" est bien sûr à nouveau abordé. Il s'avère qu'il est possible de copier le "ghost" d'un cerveau, mais que cela détruit le cerveau original. Il ne s'agit donc pas d'une copie à proprement parler, mais plutôt d'un transfert. Doit-on y voir l'idée que le "ghost" est bien l'âme de l'individu, absolument unique et induplicable, même si on peut lui faire subir une sorte de métempsycose? Le film lui-même nous met en garde contre cette idée. Peut-être est-ce simplement parce que cette technologie est encore confuse et mal achevée, de sorte qu'elle provoque des dommages. Même le ghost pourrait n'être qu'un mécanisme de plus, simplement qu'il serait mal connu...
Par Hakim Meddeb - Publié dans : Ghost In The Shell
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Mardi 7 décembre 2004 2 07 /12 /Déc /2004 00:00
Un gynoïde est un robot d'apparence féminine.

Vous connaissez sûrement le mot androïde, qui est censé désigner un robot d'apparence humaine : andro - "homme", suivi du suffixe ide - "qui a la forme".
Cependant, le sens final donné couramment à ce mot est inapproprié. En effet, c'est une approximation "machiste" sur le mode du mot "Homme" qui est censé désigner toute l'humanité.

Nous devrions dire "robot humanoïde" ou "humanoïde" pour faire plus court. Androïde désigne le robot d'apparence masculine. Gynoïde, très logiquement et comme défini premièrement, le robot d'apparence féminine.
Par Hakim Meddeb - Publié dans : Ghost In The Shell
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